Prochain concert

27 octobre 2019 à 17h

Salle de musique La Chaux-de-Fonds

03 novembre 2019 à 17h

Collégiale de St-Imier

Au programme

Gabriel Fauré

Version pour choeur et orchestre de 1906

Cantique de Jean Racine op.11

Pour choeur et orchestre

Pavane en fa dièse mineur op. 50 (1887)

Pour violoncelle et orchestre en ut mineur op.24 (1895)

Elegie

Version originale de 1893

Messe de requiem en ré mineur op.48

compositeur

Gabriel Fauré

(1848-1924)

Gabriel Fauré, considéré avec Debussy et Ravel comme l’un des trois grands noms de la musique française de son temps, s’est affirmé comme un maître d’une rare subtilité, refusant les brillantes séductions de la musique symphonique, alors en pleine expansion en France, pour explorer les sortilèges de la mélodie, de la musique pour piano et de la musique de chambre.

Né le 12 mai 1848 à Pamiers, dans l’Ariège, Fauré est un enfant timide, introverti, passionné de musique et très doué pour le piano. A l’âge de neuf ans, il est envoyé à Paris à l’école de musique religieuse fondée par le suisse Louis Niedermeyer (1803-1861). Il y étudie le solfège, le piano, la composition et l’orgue jusqu’en 1865. Parmi ses professeurs, on trouve de nombreux compositeurs connus, tel Camille Saint-Saëns qui lui enseigne le piano et devient son ami et conseiller.

A part une parenthèse où il s’engage dans l’armée lors de la guerre franco-prussienne, Fauré va assurer sa subsistance durant la majeure partie de sa vie en étant organiste et maître de chapelle.
De 1866-1870 à Rennes; dès fin 1871 à l’église de St Sulpice à Paris; en 1874, il remplace St Saëns à l’église de la Madeleine, dont il devient maître de chapelle en 1877 et organiste en chef en 1896. Le métier étant mal rémunéré, Fauré améliore son ordinaire avec les cérémonies de mariage et enterrements. En outre, il donne des cours de piano dans la bonne société et se produit régulièrement dans ses salons.

Dans les années 1870, avec ses amis Camille Saint-Saëns, César Franck, Jules Massenet et Henri Duparc, il fonde la Société Nationale de Musique pour mettre en avant la musique française et organiser des concerts pour les jeunes compositeurs.

Il épouse Marie Frémiet en 1883, avec qui il a deux fils. Pour subvenir aux besoins de sa famille, il assure les services quotidiens à l’église de la Madeleine et donne des leçons de piano et d’harmonie. C’est seulement durant l’été qu’il prend le temps de composer. Il gagne peu d’argent de ses compositions.

En 1886, il fait la connaissance de la comtesse Greffulhe. La comtesse tient salon et comme mécène, subventionne artistes et musiciens. Elle apporte un soutien actif à Fauré et l’associe en 1890 à la création de la Société des grandes auditions musicales.
En 1892, Fauré devient inspecteur des conservatoires de musique en province; en 1896, nommé professeur de composition au Conservatoire, sa situation financière s’améliore enfin et sa réputation de compositeur s’affirme.

1900. Prométhée aux arènes de Béziers. Création pour grand orchestre du Requiem.
En 1903 Fauré débute une carrière de critique musical au Figaro.
En 1905, il est nommé directeur du Conservatoire et quitte son poste d’organiste à la Madeleine. Jusqu’à sa retraite en 1920, il sera à l’écoute des jeunes musiciens.

Il meurt de pneumonie à Paris le 4 novembre 1924.
Des funérailles nationales ont lieu à l’église de la Madeleine, au son de son Requiem.

 

oeuvres

Cantique de Jean Racine op.11.
Version pour chœur et orchestre de 1906

Les élèves de la classe de composition de l’école Niedermeyer étaient soumis à un concours annuel. En 1863, Fauré obtient une mention très honorable pour son psaume Super flamina Babylonis. En 1865, pour son dernier concours, il obtient le premier prix avec le Cantique de Jean Racine (op. 11)
La version originale est écrite pour chœur et orgue. Fauré la transcrit bientôt pour harmonium et quintette à cordes, et en 1906, en publie une grande version pour chœur et orchestre, version qui n’altère en rien son expression tendre et intime.
Le texte est une traduction libre par Jean Racine (Hymnes traduites du Bréviaire romain, 1688) d’une hymne latine de la liturgie des Heures Consors paterni lumini attribuée à St Ambroise et dévolue aux matines du mardi.

Pavane en fa dièse mineur op.50
(1887), pour chœur et orchestre.


Œuvre emblématique du compositeur, la Pavane est créée en 1888 dans une version pour petit orchestre. Peu après, Fauré lui ajoute un chœur, à la demande de la comtesse Greffhule. « Véritable portrait musical », il la dédie et en offre la partition à la comtesse, femme dont Proust s’inspirera d’ailleurs pour le personnage d’Oriane de Guermantes. Secrètement amoureux, Fauré initie la comtesse à la musique et l’appelle « Madame ma fée »… Le poème a été écrit par le cousin de la comtesse, Robert de Montesquiou-Fezensac. Ensorcelé par Verlaine, il en imite les Fêtes Galantes dans un texte plutôt maladroit…que l’on oublie vite tant la musique est belle !

Elégie pour violoncelle et orchestre en ut mineur op.24
(1885 / version avec orchestre 1897)


Composée en 1880 pour violoncelle et piano, elle est présentée cette année-là lors d’une audition privée donnée chez St-Saëns.
Conçue comme le mouvement lent d’une sonate qui n’a jamais vu le jour, l’Élégie est orchestrée par Fauré en 1885 à la demande du chef Édouard Colonne. La destination initiale de la pièce explique sa structure ABA, ainsi que son caractère très expressif.
Cette œuvre bouleversante présente une ouverture triste et sombre et culmine dans une section intense et très lente, qui symbolise à la fois la passion et le désespoir.
Accueillie avec enthousiasme lors de sa création, l’Élégie connaît depuis lors un succès jamais démenti qui en fait l’une des œuvres phares du répertoire pour violoncelle.

Messe de requiem en ré mineur op.48 .
Version originale de 1893

Fauré a écrit: « peut-être ai-je, d’instinct, cherché à sortir du convenu, voilà si longtemps que j’accompagne à l’orgue des services d’enterrement ! J’en ai par-dessus la tête. J’ai voulu faire autre chose ».

« Mon Requiem, on a dit qu’il n’exprimait pas l’effroi de la mort, quelqu’un l’a appelé une berceuse de la mort. Mais c’est ainsi que je sens la mort : comme une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur d’au-delà, plutôt que comme un passage douloureux ».

Le Requiem de Fauré résulte d’un long processus de composition commencé en 1887 et achevé en 1900. Partant d’une version initiale en cinq mouvements (« Introït et Kyrie », « Sanctus », « Pie Jesu », « Agnus Dei, » et « In Paradisum ») pour cordes, harpe et orgue, le compositeur ajouta successivement l’« Offertoire » et le « Libera me », et amplifia progressivement l’effectif instrumental.
La version originelle fut donnée pour la première fois le 16 janvier 1888, à l’église de la Madeleine. Le soprano solo était un enfant du chœur, le futur compositeur et pianiste Louis Aubert, né en 1877.
La version interprétée par la Croche-Choeur est celle de 1893. Elle comporte tous les sept mouvements. C’est dans cet état de composition et d’orchestration, établi par l’édition critique de Jean-Michel Nectoux en tant que « version 1893 » ou « version pour orchestre de chambre », qu’elle fut exécutée à la Madeleine sous la direction de Fauré, le 21 janvier 1893.
Le Requiem fut joué en 1924 pour les funérailles de Fauré.